MOOC IN TOUCH, qui est une référence dans le domaine du e-learning et des MOOC, vient de mener à terme un projet d’envergure pour l’Union Sociale pour l’Habitat Outre-mer (USHOM) : la réalisation d’un module de formation digitale comprenant deux parcours de formation spécifiques à chacun des cinq départements et régions d’Outre-mer, une production qui représente 240 vidéos en motion-design… 3D ! Entretien avec les (animateurs) de ce projet hors-normes.

Quels sont les objectifs de ce programme ?

François, responsable de MOOC IN TOUCH : Le programme ECCO DOM est un programme qui a pour objectif la sensibilisation et l’accompagnement des résidents et agents des collectivités ultramarines à la maîtrise de leur consommation énergétique. A ce titre, cinq actions sont menées par l’USHOM, co-porteur du programme, au titre desquelles :

  • L’organisation de 12 évènements territoriaux ;

  • La mise en œuvre de 2 concours ;

  • La mise à disposition d’un réseau social dédié ;

  • La réalisation d’un guide éco-geste et de parcours de formation digitaux.

Pouvez-vous nous décrire succintement votre participation dans ce programme ?

François : MOOC IN TOUCH a eu la responsabilité de créer les modules de formations digitaux destinés aux résidents ultramarins et aux agents des collectivités dont l’objectif est leur sensibilisation et l’accompagnement à la maîtrise de leur consommation énergétique.

Chaque module comprend deux parcours de formation se composant de deux grandes séquences pour le premier parcours (locataire) et de trois pour le second (salarié). La première permet de comprendre pourquoi il est important de réduire sa consommation d’énergie, la deuxième de savoir comment faire pour y parvenir, et la dernière porte sur la transmission des bons gestes.

Concrètement, l’utilisateur accède au plan interactif des différentes pièces d’un appartement, pour la partie locataire, et d’une entreprise pour la partie salarié, qu’il peut visiter librement.

Dans chaque pièce une courte séquence vidéo 3D met en scène un personnage fil rouge qui lui explique les « éco-gestes », sources d’économie d’énergie (1° niveau d’information). Toutes les séquences vidéo sont réalisées sur le principe du storytelling pour faciliter l’identification du public et susciter son adhésion.

Le 2e niveau d’information privilégie l’interactivité : au sein de chaque pièce (décor en 360 °) des zones de clic (hotspots) permettent d’accéder à un second niveau d’informations, plus profondes.

A l’issue de la visite de chaque pièce, un quizz formatif valide la compréhension et mesure le taux de complétude de chaque séquence.

Pourquoi des vidéos en motion-design 3 D ? C’était votre proposition ?

François : Très franchement le motion-design 3D était l’idée de base de notre client, qui connaissait notre travail et nos réalisations en la matière. Le motion et la 3 D chez MOOC In TOUCH on connaît très bien. Mais notre challenge avec ce projet était de garantir la qualité dans le respect des délais, vu le lourd volume des vidéos à produire et le temps très court qui nous était imparti. 240 vidéos de 1 à 3 minutes ça représente plus de 6 heures de vidéo en full 3 D, on n’avait encore jamais fait ça. Et je ne sais pas qui l’a fait d’ailleurs… Quand on pense qu’un long métrage de Pixar ou Disney c’est minimum 3 ans de travail avec une équipe de plusieurs centaines de personnes… eh bien chez Mooc In Touch on en a produit l’équivalent de 3… à 5 personnes et en 3 mois ! Je plaisante évidemment, je ne compare pas ça n’avait rien à voir, mais c’était quand même de la full 3 D avec beaucoup de décors et de personnages à animer et à faire parler. Et on l’a fait ».

Vous avez un truc chez MOOC IN TOUCH ?

François : Non, juste des collaborateurs compétents et passionnés. Et puis on a le goût du défi et l’amour du travail bien fait. Ca nous pousse tous…

Patrice, directeur artistique et réalisateur : On aime innover. Pas pour « faire du nouveau pour du nouveau » mais pour défricher de nouvelles pistes, développer nos compétences et offrir toujours ce qu’il y a de meilleur à nos clients. Pour réussir cette gageure nous avons d’ailleurs dû faire appel à de nouveaux outils d’animation 3D « venus d’ailleurs ».

Jean-Philippe, responsable de la 3D et des FX numériques : ça aussi c’était un autre défi. Nous sommes sans doute les premiers à avoir utilisé cette nouvelle suite logicielle en France. On avait fait des tests prometteurs mais tout le process était à construire dans un contexte de volume important. Cela dit, sans ces nouveaux outils un tel challenge aurait été impossible dans un temps si court, on ne se serait pas lancés avec des outils numériques classiques.

François : La panoplie de ces nouveaux outils nous permet désormais de produire de l’animation 3 D vraiment rapidement avec des coûts très réduits par rapport aux process classiques. La créativité en est d’autant libérée et la qualité optimisée. On est gagnants sur toute la ligne. En mettant quasiment le motion-design 3D au prix du motion-design 2D, c’est une petite révolution dont vont pouvoir bénéficier nos clients dès maintenant.

Avez-vous eu à affronter d’autres difficultés particulières au cours de ce projet, au-delà de son volume « pharaonique » ?

François : j’en citerai juste deux, parce qu’au-delà du sourire qu’elles m’inspirent aujourd’hui elles donnent bien la mesure de la tâche :

Dans le souci de se donner les meilleures chances de recueillir l’adhésion du public des DROM, notre client a eu l’idée un beau matin de faire jouer les rôles des 5 personnages fil rouge par… les 5 miss des DROM. Nous avons donc dû repartir de zéro et créer leurs silhouettes et leurs visages en 3D à partir de photos… Outre la lutte contre le temps qui filait alors qu’on attendait de jour en jour l’accord des miss pour utiliser leur image, cette demande imprévue a compliqué singulièrement l’animation de leurs visages…

Mais bon, on ne lui en veut pas d’avoir voulu faire « plus et mieux », on fait pareil nous aussi ! Et puis il s’est vraiment beaucoup investi, c’était bien normal de l’accompagner autant qu’on le pouvait.

Et puis 240 vidéos ça veut dire aussi 240 textes à écrire, à faire valider et interpréter par des comédiens ! Aucune difficulté particulière si ces textes avaient été tous en français… sauf qu’ils étaient aussi en langue régionale, c’est-à-dire en guadeloupéen, en martiniquais, en réunionnais, en guyanais et en shimahorais.

Imaginez le challenge : faire traduire des dizaines de textes français dans ces cinq dialectes, trouver en quelques jours les 5 comédiens « locaux » indispensables, leur faire interpréter les textes en question à des milliers de kilomètres de la métropole et synchroniser leurs voix (de rythme et de longueurs différentes) avec chaque séquence vidéo calculée sur la voix de base (métropolitaine)…

Les nuits ont été courtes… mais je crois que le résultat en valait la peine.

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